Le besoin d’exploration du jeune enfant

L’enfant est mue par des guides intérieurs, des forces innées à notre espèce, qui le poussent à explorer sans cesse son environnement.

Lorsqu’on prend le temps d’observer un bébé, on ne peut que constater toute les forces et la volonté que celui-ci déploie pour cette exploration.

Les bébés sont de merveilleux observateurs, très patients et très attentifs. L’enfant, que Maria Montessori qualifiait de « chercheur d’impressions », apprend d’abord en regardant, en écoutant, en sentant, en goûtant, en touchant toutes les choses qui l’entourent. Sa main, formidable outil d’apprentissage et de construction, attrape; par réflexe d’abord, puis volontairement. La main touche, serre, lâche, caresse, prend, jette, fait rouler, fait sauter, porte à la bouche bien sûr; car c’est par ce biais dans un premier temps que le bébé reconnaît puis classifie les différents objets du monde qu’il rencontre.

Puis, dès qu’il peut changer de position par lui-même et se déplacer, dans la façon qu’il a de positionner son corps dans l’espace et de se mouvoir; l’enfant explore, apprend, s’adapte, et répète encore son effort, sans cesse. Le bébé est artisan de sa propre construction. Un artisan tenace, appliqué et très volontaire. Un explorateur passionné et infatigable….pourvu qu’on le laisse faire!

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En tant que parent ou éducateur, il peut être parfois difficile de décoder certains comportements ou réactions du tout jeune enfant et de lui proposer une réponse ou une aide adaptées.

Il s’agit alors de prendre le temps d’observer le bébé ou le jeune enfant, et d’essayer de le comprendre. Car c’est avant tout par son mouvement extérieur que l’enfant va nous donner les clés de ce qui se joue pour lui à l’intérieur, dans sa construction personnelle. En l’observant, on réalise que chacun des comportements de l’enfant exprime un besoin, une tendance, une sensibilité particulière.

En effet, il est possible de donner du sens aux comportements du tout jeune enfant. Il ne s’exprime pas encore par le langage oral, mais son langage corporel quant à lui nous en dit long! Cette pratique de l’observation attentive de l’enfant nous permet de repérer les besoins essentiels, que l’enfant cherche à satisfaire de par ses actions et ses comportements. En repérant ces besoins essentiels, nous pouvons alors accompagner et aider l’enfant dans son apprentissage autonome de la vie.

Maria Montessori écrivait que l’enfant apprend simplement en vivant, de par ses expériences dans son milieu et ses différentes interactions avec celui-ci. Lorsque je parle ici d’autonomie, il s’agit donc de ce que seul l’enfant peut faire et accomplir par lui-même; ce pourquoi nous ne pouvons nous substituer à lui.


L’aide utile :

Maria Montessori invitait les adultes à être attentif à l’aide qu’ils apportent au jeune enfant. En effet, elle distinguait l’aide utile de l’aide inutile. Il s’agit d’avoir toujours à l’esprit d’apporter à l’enfant cette aide utile, véritable soutien, et donc d’être attentif à ne pas, avec toute notre bonne volonté, empêcher l’enfant de faire ses propres expériences.

Et l’aide utile, se construisant sur l’observation de l’enfant, l’importance de celle-ci est à nouveau au coeur de cette réflexion. Lorsque j’observe l’enfant, je peux proposer un soutien adapté car basé sur ce que l’enfant me renvoie.

Exemple : si j’observe un petit bébé allongé sur le dos, qui met toutes ses forces à se retourner sur le ventre. L’aide inutile, serait de l’aider physiquement à se retourner, en l’aidant à basculer. En effet, par ce geste, on stoppe l’effort que l’enfant est en train d’accomplir et qui est une source immense d’apprentissage pour lui. En effet, lorsque l’enfant porte tous ces efforts à se retourner, il mobilise tous les muscles de son corps, son équilibre, ses appuis, mais aussi sa volonté, sa concentration, sa confiance en lui-même et donc son estime de lui-même et sa joie d’accomplir une nouvelle conquête.

L’aide utile ici serait d’accompagner l’enfant par notre regard et nos mots. Se placer au niveau de l’enfant, le regarder, lui sourire et lui dire :  » je vois que tu fais de grands efforts pour te retourner; tu y mets toute ta volonté, tu es très concentré. C’est merveilleux ce que tu essaies de faire. C’est difficile encore mais très bientôt tu vas y arriver, tu travailles fort pour ça, tu vas voir, tout bientôt tu pourras te retourner. »

Ici, mettre des mots sur ce que fait l’enfant c’est lui permettre de prendre conscience de lui et de son corps.

L’adulte ici de par sa posture, son regard et ses mots témoigne à l’enfant toute l’attention et l’amour qu’il lui porte. Les mots, l’expression du visage de l’adulte sont soutenant, ce sont eux qui portent l’enfant, bien plus que ne le ferait la main qui ferait basculer l’enfant sur ventre. L’aide utile se situe dans ce portage émotionnel stable et admiratif que nous pouvons offrir à l’enfant.


Petit résumé pratique 

  • Le jeune enfant est un formidable explorateur de son milieu.

  • L’apprentissage spontané et autonome est l’expression naturelle des besoins développementaux de l’enfant.

  • À nous adulte d’enrichir son ambiance de vie et ses possibilités d’expériences afin qu’elles soient les plus fécondes possibles pour lui.

  • Mais à nous également de veiller à apporter une aide utile et à ne pas nous substituer à l’enfant ou bien à empêcher cette exploration.

Fanny

 

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